mardi 28 juillet 2009

Ce que j'avais envie de me dire



Voici la lettre que j'ai écrit à la Michelle de 18 ans qui pleure au fond de moi depuis trop longtemps...

Mars 2008

Allo ma belle Michelle :-)

Je ne te demanderai pas comment tu vas... Parce que je sais plus que quiconque à quel point ça ne va pas.
Comment je le sais ? La réponse, bien qu'invraisemblable, est pourtant vraie. Je te connais mieux que quiconque parce que je suis toi. Je suis celle que tu deviendras...

La raison de cette lettre est simple. Avec les années, tu comprendras mieux. Tu sauras la vie... Ça s’appelle la SAGESSE...

Je sais que tu es dans le brouillard ma belle, et que, quelques soit le côté dont tu te tournes, tu ne voies rien. Ça sera encore comme ça longtemps, mais pas toujours.

Pourquoi ? Comment ?

Bientôt quelque un entrera dans ta vie. Et tel un vent, doux et chaud, il soufflera sur toi. Il te montrera le chemin et, dans les pires moments de ta vie, il te protégera, parce que ce quelque un t’es « destiné »...
Il te montrera un monde sans drogue, sans bouteille... Et il va en venir à te connaître encore mieux que tu te connais toi-même.

Dans un peu plus d’un an, tu découvriras quelque chose de merveilleux.
Tu seras maman...
Je sais, tu te dis que tu ne réussiras jamais à relever un tel défi...
Ce sera difficile, je te le concède, mais pas impossible.
Tu voies, c’est ça la vie, toujours difficile, mais extraordinaire, parce que TU as le pouvoir de la façonner à ta façon.
Après quelques années, tu entreras dans une des périodes les plus sombres de ta vie. Mais 2 anges de lumières t’apporteront la force de vaincre!

Tu te croies à la fin de ta vie. Pourtant ce n’est que le début. Tu es forte Michelle. Plus que qui se soit que je connaisse. Parce que tu vas avancer sur les chemins de la vie et que tu vas sortir du brouillard.
Tu apprendras à ne plus t’abaisser pour être aimée, que l’amour n’est pas à n’importe quel prix. Tu apprendras ta valeur. Et surtout, tu apprendras à t’aimer toi-même.

Ne te juges pas trop sévèrement, les autres sont assez doués pour ça ;-)

Et un jour tu t’éveilleras. Un soleil éblouissant pénétrera par la fenêtre de ta chambre et tu répondras, aux oiseaux qui te chanteront la beauté de la vie, par ton si doux sourire...:)

Mais avant, viens dans mes bras. Viens que je te serre fort contre moi. Parce que je t’aime si fort...
Et si tu a envie de soulager ta peine, ne crains pas de m’effrayer. Laisse toi aller. Abandonne toi à ces larmes. Car sans elles tout te semblera moins lourd.

Cette lettre, ma belle est un message d’espoir. C’est ça le secret de la vie... Peu importe les ténèbres et le brouillard, l’espoir est là !!!

Tu vois, dans 13 ans, tu vas commencer à voir la lumière au bout du tunnel :-)

Ci-joint, un pendentif QUE POUR TOI PAS POUR MAMAN !!
Why not ? Est écrit dessus... Pourquoi pas du bonheur pour toi ?

Je t’aime


Michelle
xxxxx

Entre deux mondes...



À partir du mois de novembre 1995, j'ai subi une transformation. Je suis passée d'adolescente à jeune adulte avec tous les bons et les mauvais côtés qui accompagne chaque moment charnière dans une vie.

Je me suis accrochée à ce nouvel amour que je ressentais et j'y ai mis tout ce qu'il y avait de bon en moi. J'ai cessé de prendre de la drogue, du moins je n'en ai pris que très rarement. À la mi-novembre, David a pensé me quitté puisque ma situation familiale n'était pas des plus facile à vivre. Pour la première fois de ma vie j'ai supplié à genoux. J'ai supplié parce que je crois qu'à ce moment je savais déjà que s'il me quittait je perdrais le maigre espoir que j'avais de vivre un jour une vie normale.

Au mois de décembre, je suis entrée dans une période sombre. Chaque jour apportait une nouvelle engueulade avec maman. C'est à cette époque où j'ai commencé à lui dire que je voulais partir. Je voulais demeurer seule, loin d'elle et de cette vie difficile qu'elle m'offrait.

Le 23 décembre 1995, j'ai décidé de mourir. Je crois que je n'avais jamais ressenti une telle douleur. La souffrance m'a fait prendre la mauvaise décision. Maman était encore à l'hôpital et David est venu me visiter. Si je voulais mettre mon plan à exécution, je devais quitter David et le mettre à la porte. Nous nous sommes un peu disputés, je crois qu'il savait ce que j'avais l'intention de faire et il trouvait injuste le choix que j'avais fait.

Je me suis approchée de lui et je lui ai crié : " Tu comprends pas que... je pars avec toi..." Je n'ai pas souvent pleuré comme ça dans ma vie. J'ai fait un choix important à ce moment là, j'ai choisis de vivre.

Je suis donc partie avec lui, chez sa mère dans la Beauce, pendant une semaine. Ensuite il m'a aidé à louer une chambre. Il a pris soin de moi et m'a appris que la vie pouvait être belle.

Avec les années est arrivée la maturité. Dans mon cœur j'ai longtemps entendu la Michou de 18 ans pleurer, cachée quelque part au fond de moi. J'ai donc écrit à cette Michou en larme, en espérant qu'elle se sente moins seule, qu'elle soit moins effrayée par la vie...